Loi 3, des retraites garanties pour les policiers et pompiers?

Je ne veux pas m’attaquer à mes amis pompiers et policiers. Vous faites un travail remarquable et j’en compte quelques membres dans ma famille. La loi 3 a suscité beaucoup de débats.

Il faut faire la part des choses entre la difficulté de votre emploi, le statut social que vous avez, ainsi que votre salaire et votre retraite.

C’est toujours spectaculaire de voir la réaction des gens lorsqu’on vient piger dans leurs poches, les discours et les idées changent!

J’ai souvent dénoncer le travail de certains policiers pendant le printemps érable, surtout au sujet de leur prise de position unidimensionnel, voir robotique au lieu d’avoir des bons arguments. Le policier est supposé faire abstraction de la politique dans ce genre de conflit, mais l’homme derrière le bouclier avait souvent de drôle d’arguments dans les débats.

Tout de même, c’est du passé, mais ce qui ce passe est très paradoxale! La majorité des policiers étaient pour la hausse des droits de scolarité et traitaient les étudiants, d’enfants gâtés qui ne travaillent pas. Combien de fois l’avons-nous entendu celle là. « Arrête de manifester, va travailler! » scandaient-ils…

C’est autour des policiers de faire face aux coupures et décisions budgétaires de notre merveilleux gouvernement. Je ne sais pas si les étudiants en économie, en fiscalité maintenant devenus grands vont prendre de votre coté. Je ne sais pas si vous allez avoir le soutien de la rue dans vos revendications. Mais au delà de tout ça, ce que je sais, c’est que vous êtes de bons travailleurs, vous aussi et que vous ne comprenez pas pourquoi ils vous en enlèvent.

Tout comme le gouvernement, je crois que les régimes de retraite à prestations déterminées du secteur municipal doivent être restructurés en vue d’en assainir la santé financière et d’en assurer la pérennité.

À l’approche de la crise des retraites et du choc démographique pressentit par plusieurs économistes de renom (l’après baby-boom) le gouvernement n’a aucun autre choix que de prendre les bonnes décisions pour l’avenir du Québec.

J’ai rarement tendance à être d’accord avec n’importe quelle décision prise par le gouvernement; surtout lorsque vient le temps de prendre dans la poche de nos travailleurs.

Mais ici, avec cette fameuse loi 3, je crois que le gouvernement libéral vise dans le mille. J’ai mal au coeur juste à y penser. La décision du PLQ et de Pierre Moreau est bonne pour l’avenir du Québec.

La loi 3 prévoit que les régimes de retraite à prestations
déterminées du secteur municipal doivent être restructurés en vue
d’en assainir la santé financière et d’en assurer la pérennité.
À cette fin, le projet de loi prévoit que les régimes doivent être
modifiés, à compter du 1er janvier 2014, afin d’y prévoir le partage
à parts égales des coûts et le partage des déficits éventuels pour le
service postérieur au 31 décembre 2013 entre les participants actifs
et l’organisme municipal, ainsi que la constitution d’un fonds de
stabilisation. De plus, le projet de loi précise que le coût maximal
du régime, composé de la cotisation d’exercice et de la cotisation de
stabilisation, ne devra pas excéder 18 % de la masse salariale

1. J’entend les pompiers et policiers dire: nous sommes ciblés par ces coupures!

Vous êtes loin d’être seuls, l’ensemble de la population subit d’énormes coupures en ce moment. Nous avons qu’à penser aux services sociaux, à la hausse des droits de scolarité, les régimes de retraites de moins en moins importants, la cotisation à la RRQ qui augmente, etc.

Comparativement au reste de la population, vous êtes gras-durs lorsqu’on compare votre retraite avec les autres, et je vous rappelle que vous êtes tout aussi important dans notre société que les infirmières et les enseignants. Par quel droit mériteriez-vous une meilleure retraite que l’ensemble de la population?

Sans rien enlever à la « noblesse » de l’emploi. Je ne comprend pas pourquoi un pompier après 5 ans de service devrait gagner 70 998$ annuel avec une retraite de 850,000$ « garantie à 75% par l’employeur. C’est ce que les pompiers de Montréal touche présentement selon les calculs réalistes d’actuaires et Hélène Gagné, gestionnaire de portefeuille chez Peak gestion privée.

Comparativement à un employé de la fonction publique qui touchera 350,000$ parfois avec des études universitaires plus importantes et plus couteuses que les pompiers ou les policiers. Sans parler au provincial des infirmières ou des enseignants.

Il faut comprendre qu’une retraite garantie à 75%, c’est du jamais vu et c’est la population qui paie, qui assure le fond de pension, et ce: même s’il y a une crise économique et des déficits. À Montréal, c’était 3.9 milliards de déficit, à Québec 600 millions, que la population paie pour assurer vos retraites. C’est ce que je veux dire par être « gras-dur ». Même à 50% garantie, vous êtes gras-dur. Sachant qu’une convention collective peut durer 5 ans (lorsque les négociations ne s’éternisent pas). En temps de crise économique avec une telle clause, ce serait un cauchemar pour l’Avenir du Québec.

À mon avis, ce 75%, c’est une clause abusive et la population est en droit de revenir sur vos conventions collectives. Tout comme le consommateur lorsqu’il se fait flouer par un contrat avec des clauses abusives.

Même si ce n’est pas une question de droit civil, le code civil décrit la clause abusive comme suit:

1437. La clause abusive d’un contrat de consommation ou d’adhésion est nulle ou l’obligation qui en découle, réductible.
Est abusive toute clause qui désavantage le consommateur ou l’adhérent d’une manière excessive et déraisonnable, allant ainsi à l’encontre de ce qu’exige la bonne foi; est abusive, notamment, la clause si éloignée des obligations essentielles qui découlent des règles gouvernant habituellement le contrat qu’elle dénature celui-ci.Dans notre cas ici, l’adhérent ce sont les municipalités, nos élus qui prennent les décisions avec notre argent. Si le gouvernement et la population demande à la Cour du Québec de modifier la convention collective avec la loi 3, ce n’est plus un droit acquis.

2. Un autre argument que j’entend souvent: « si on coupe dans nos salaires ou retraites, les jeunes ne voudront plus être pompiers ou policiers. Les villes seront moins sécuritaires! »

Les écoles de pompiers et de policiers débordent et c’est en parti à cause des salaires et des retraites garanties. On pourrait couper de 10-15% et ça n’affecterait pratiquement pas le nombre de candidats.

Trouvez-vous ça normal qu’il y ai 300 candidats pour 10-20 postes dans une ville au Québec?

Si on couperait de 10-15% sur les salaires, et surtout si on enlèverait une partie de ces retraites garanties. Il y aurait quand même 200 candidats pour 10-20 postes. Simple réaction économique face au changement de salaire, est-ce que la sécurité des citoyens serait toujours aussi bonne, je présume que oui.

Malheureusement dans leurs négociations, les policiers et pompiers disent que c’est la population qui va être moins bien protégé, malheureusement, ils vont faire moins bien leur travail si ont coupe dans leurs retraites. C’est un moyen de pression et des menaces très inquiétantes.

Lorsqu’on nous donne quelque chose, même si c’est démesuré, nous avons l’illusions que c’est acquis et c’est ce qu’on mérite pour notre travail.

Si on compare avec nos voisins du sud, ils sont payés de 10 à 20% moins cher aux États-Unis, avec des retraites beaucoup moins « gras-dur » et ils doivent faire le même boulot, je présume…

Salaire annuel des pompiers,
Données de 2013, excluant les primes.

Salaire annuel au 1er janvier 2013
Pompier 5A (0 à 12 mois) 40 823 $
Pompier 5B (13 à 18 mois) 42 599 $
Pompier 4 (19 à 30 mois) 49 698 $
Pompier 3 (31 à 42 mois) 56 798 $
Pompier 2 (43 à 54 mois) 63 898 $
Pompier 1 (plus de 54 mois) 70 998 $
Lieutenant 78 097 $
Capitaine
85 198 $

Vacances payées
Années de service Jours de vacances par année
Entre 1 et 2 ans 14
Entre 2 et 6 ans
21

Entre 6 et 15 ans 28
Entre 15 et 25 ans 35
25 ans et plus 42

Autres avantages:
Poste permanent
Horaire en rotation (semaine moyenne de 42 heures)
Assurance collective et régime de retraite avantageux

C’est similaire pour un policier!

Comparativement aux États-Unis.

Selon les statistiques de 2012 du U.S. Bureau of Labor Statistics

Les pompiers gagnent un salaire moyen de 47,720$

Un policier gagne en moyenne $56,260

Leurs retraites sont beaucoup moins importantes, ils paient entre 8-16% de leur salaire pour la retraite ce qui représente la grande partie. La population, le gouvernement, l’employeur ne garantie pas leur contribution. Ce qui fait que lorsque qu’il y a une crise économique, la population n’a pas à garantir leur retraite, tout le monde dans le même bateau qui coule!

3. Un pompier peut prendre sa retraite à 46 ans, après 25 ans de service s’il commence à 21 ans. Une retraite d’environ 850,000$ comparativement à un autre employé municipal qui touchera une retraite d’environ 350,000$. C’est environ 2,5 fois plus élevé que le reste des employés municipaux.

C’est une différence énorme, mais ça ne s’arrête pas là!

Le vrai problème dans tout ça, ce n’est pas le salaire. Le problème c’est que la population garantie la retraite même s’il y a des déficits, donc si il y a une crise économique, ils sont intouchables.

Si le reste de la population contribue à la caisse de dépôt dans des REER et que la bourse crash, bien ils coulent et en plus ils doivent payer les retraites de ces employés privilégiés.

Qu’est-ce qui justifierait cette différence? Le fait de « sauver des vies » le fait de travailler dans le domaine de l’urgence?

C’est un métier respectable, mais lorsque c’est la population qui paie, en temps de déficits, l’argent des contribuables prend le dessus sur la « profession respectable ».

3.9 milliards. Et l’employé ne paie pratiquement rien de ce déficit. Cette clause est abusive. Rien ne la justifie.

J’entend souvent l’argument: On a signé des contrats! Ce sont des droits acquis!

Eh oui, certainement en parti, mais lorsque le contrat comprend une clause abusive comme celle décrit ci-haut…. Non, ce n’est plus un acquis. La loi stipule qu’on peut annuler et modifier des contrats, tout comme des clauses abusives, même si elles sont signés par les parties.

Il faut comprendre que c’est la population, c’est l’employeur qui prend tout le risque en cotisant « de façon garantie » aux régimes de retraites à la hauteur de 75% de l’épargne.

Ce qui veut dire que si nous frappons une autre crise économique, sachant que les récessions sont cycliques, et que le choc démographique approche, ce sera encore à la population de payer et garantir ces pertes pour que les policiers et pompiers puissent avoir une retraite caviar, pendant que le reste des travailleurs se serrent la ceinture? C’est ÉNORME et du jamais vu dans la fonction publique. Ça ne se fait pratiquement nul part à ailleurs sur la planète.

L’employé a une retraite garantie, tandis que tous les autres travailleurs, autonomes, cols blancs, cols bleus, citoyens doivent se serrer la ceinture.

En 40 ans, ce scénario cauchemardesque est arrivé souvent, on a qu’à penser à notre dernière récession au Québec en 1980 ou à la crise des sub-primes et des retraites, fond 401k aux États-Unis en 2009.

Si ça arrivait au Québec, nous pourrions pas se permettre de garantir les retraites, et les chances sont bonnes…

En droit, il y a ce qu’on appelle, les clauses abusives, même si vous avez signé un contrat, si la magistrature juge que le contrat et vos conventions collectives sont abusives envers la population du Québec, il est possible de revenir sur les dits contrats. Ce ne sont pas des vols, comme vous dites, c’est la population qui paie et si le taux de pauvreté et de chômage augmente en 2020, rien ne justifie que vous puissiez avoir des retraites garanties de près de 1,000 000$ à chaque employé.

Je ne trouve pas que les pompiers méritent 3 fois la retraite d’un autre fonctionnaire avec un salaire similaire.

Les pompiers et policiers sont dans une autre catégorie d’employé, « la crème de la crème », leur survie financière serait-elle plus importante que celle des enseignants, des infirmières ou des autres travailleurs?

Les caisses de retraites se vident, si on ne fait pas des coupures, c’est les générations futurs qui vont écoper.

Lorsque c’est la population du Québec qui paie, il n’y a rien de garantie ou d’acquis.

Avec toute la corruption qu’il y a eu dans les contrats des syndicats… avec les anciens gouvernements municipaux, les Gérald Tremblay, les Applebaum et Vaillancourt de ce monde… Il faut sérieusement se poser des questions.

Je veux être clair, je ne remet pas en doute l’intégrité de nos policiers et pompiers. Et c’est un métier difficile. Mais lorsqu’on regarde ce que les syndicats ont obtenus, en collaboration avec les anciens gouvernements municipaux corrompus, il y a matière à revisiter ces fameux papiers… « Acquis ».